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Les 600 salariés de l'usine de Saint-Nazaire (Airbus possède d'autres sites à Montoir et à Nantes) ont accueilli avec soulagement la fin des discussions entre Latécoère et Airbus. Pour autant les inquiétudes ne sont pas levées. : Photo archive N.A.Il flottait comme un goût de soulagement hier midi, à la sortie de l'usine ville de Saint-Nazaire. La proximité du pont du 8-Mai. Peut-être. L'annonce de l'interruption des négociations entre Airbus et Latécoère pour la vente de l'usine nazairienne, plus sûrement.
« C'est une petite victoire des salariés se félicite Jean-Pierre. Je pense que la mobilisation de ces derniers mois a fait reculer la direction. Nous avons été écoutés. Je ne sais pas si c'est la seule raison. Mais je veux croire que nous y sommes pour quelque chose. »
Équité
Même son de cloche chez son collègue Alain, la moustache joyeuse : « Enfin une bonne nouvelle. Même si cela faisait quelques jours déjà que la rumeur courrait. Maintenant nous sommes fixés. Suite au prochain numéro. »
Car l'affaire n'est pas close. « Nous attendons la suite soupire Alain. On en saura peut-être plus cet après-midi (N.D.L.R. hier. Lire ci-dessous). Nous voulons rester dans le giron Airbus. Et être traité de manière égale avec les sites allemands. Quand j'ai appris qu'ils n'étaient plus à vendre, je me suis dit qu'on s'était bien fait avoir. »
Latécoère explique l'échec du rachat des deux sites par une conjoncture économique maussade, une parité euro/dollar défavorable et par l'incapacité d'Airbus à trouver une solution en Allemagne.
Mobilisation
Pour les syndicats, cette annonce n'est pas une surprise. « Juste une étape indispensable » souligne Jean-Louis Belliot de la CFDT. « L'enjeu était le maintien de la place de La France par rapport à l'Allemagne au sein d'Airbus. Nous avons obtenu cette équité » se félicite Yvonnick Dreno, délégué Force ouvrière.
Christian Caillé de la CGT préfère mettre en avant « la mobilisation des salariés ». Il appelle toutefois « à la vigilance. Cet épisode montre les difficultés que rencontrent les entreprises pour trouver des investisseurs. » Bernard Jeancourt (CFE-CGC) souhaite avoir « plus de précision sur la future filialisation. Je crains que les partenaires qui sont recherchés soient des financiers et non des industriels. »
Nicolas Aufauvre