« Non élucidé » racontera l'affaire Jonathan
L'équipe a tourné hier matin au bord de l'estuaire à Saint-Nazaire. Au fond, au centre, Arnaud Poivre d'Arvor et Jean-Marc Bloch ; à gauche, debout au 1er plan, le réalisateur David Perrier.
Le petit Jonathan a été retrouvé mort en mai 2004 à Guérande. Une équipe de télé et Arnaud Poivre d'Arvor enquêtent sur cette affaire « non élucidée ».
Personne n'a oublié Jonathan Coulon. Le 7 avril 2004, ce garçonnet de presque 11 ans était enlevé dans un centre de vacances de Saint-Brevin-les-Pins. Le 19 mai 2004, le corps de l'enfant était retrouvé ligoté et lesté d'un parpaing dans un petit étang guérandais. Depuis, les enquêteurs étudient toutes les pistes qui s'offrent à eux. Sans succès, malgré un travail de fourmi.
Cette triste affaire sera le sujet du premier numéro de l'émission « Non élucidé », produite par Phare ouest. France 2 devrait la diffuser à la mi-octobre, en première partie de soirée. L'équipe a quitté hier soir la région nazairienne après avoir tourné pendant trois jours à Guérande, Saint-Brevin et Saint-Nazaire.
« Nous avons seulement tourné les plateaux. Un journaliste, Max-David Grimbaud, s'occupe des reportages qui émailleront l'émission », confie Olivier Domerc, le rédacteur en chef. Devant les caméras, le présentateur Arnaud Poivre d'Arvor et Jean-Marc Bloch, l'ancien patron du Service régional de la police judiciaire (SRPJ) de Versailles. M. Bloch apporte son expertise : il a oeuvré, entre autres, sur la disparition d'Estelle Mouzin.
Douleur palpable
« Cette émission n'a rien d'une contre-enquête. Nous ne remettons absolument pas en cause le travail des enquêteurs. D'ailleurs, nous n'aurions rien fait sans l'accord de la famille », poursuit Olivier Domerc. L'équipe cherche à comprendre et à expliquer le déroulement de cette « affaire dramatique qui a connu des rebondissements ». Elle profitera de l'occasion pour lancer un appel à témoins.
Prise de contact avec les témoins, du temps passé avec les proches de Jonathan, des interviews d'enquêteurs... « Je me suis rendu compte que c'est encore très douloureux pour les gens du coin », note Sébastien Brunaud, le producteur de l'émission. Les premières prises de contact ont eu lieu en février 2008.
Mais toute l'équipe promet de se garder des larmoiements excessifs : « On est sur du mystère policier. On marche sur des oeufs. Par exemple, les témoins que nousavons contactés se demandent s'ils ont le droit de parler à des journalistes. »
Ce, peut-être, premier numéro d'une longue série est très important pour Phare ouest : « Si on réussit ce qu'on veut faire, ce sera plus facile pour les suivantes. On voit bien que les interlocuteurs sont un peu sur leurs gardes. Mais notre principe est simple : on veut avoir tout le monde autour de la table. » La « politique de la terre brûlée » n'est pas dans la culture de ce petit groupe sympathique et accueillant. L'herbe repousse après le passage de leurs caméras.
Isabelle GUILLERMIC.
Ouest-France