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Résistant durant la Seconde Guerre mondiale, Noël Vandernotte réside désormais à Beaucaire où ses souvenirs alimentent les livres historiques comme sportifs. : Photo Arnaud FauliEn 1936, il avait 12 ans et demi lorsqu'il a été sélectionné en tant que barreur aux Jeux olympiques de Berlin. Il en reviendra avec deux places de troisième qui font de lui, aujourd'hui, le plus jeune médaillé aux JO de tous les temps.
« Je ne faisais pas le poids »
« En 35 je ne faisais pas le poids, souligne celui qui restera, en vertu de la réglementation olympique désormais en vigueur, le plus jeune médaillé de tous les temps. Le barreur doit peser un minimum de 40 kg de corps et on le leste pour qu'il fasse 50 kg. Moi je ne faisais que 37 kg ».
Les oncles de Noël, Marcel et Fernand Vandernotte, associés dans le 4 barré à Jean Cosmat et Marcel Chauvigné alias « mazout » (ainsi nommait-on le vin rouge à l'époque), termineront deuxièmes au championnat d'Europe de 1935 qui s'était déjà déroulé à Berlin. Autant dire que, à l'approche des Jeux, la confiance est au beau fixe chez les rameurs de ce bateau composé à 100 % de coureurs du CA Nantes, lesquels sont à créditer des trois derniers titres de champion de France en 4 barré.
« J'étais une curiosité »
Cadet des jeux, Noël polarise l'intérêt des médias : « J'étais une curiosité. J'étais photographié tout le temps, flashés par les Japonais au parc à bateaux. Je suis un des rares Français à avoir figuré dans le Berliner Zeitung, le Paris Match berlinois, en médaillon avec mon petit sac de sable assis à la barre », se souvient l'octogénaire.
Il est vrai que les contre-temps liés à l'intendance laissent du temps libre au jeune modèle : « On a reçu notre bateau avec huit jours de retard ou presque. C'était épouvantable. On n'a pu s'entraîner que deux jours avant les éliminatoires alors qu'on nous avait fabriqué un 4 d'un seul morceau spécialement pour nous à Paris. À l'époque, les 4 étaient en trois morceaux ».
La compétition ne se déroulera pas non plus dans les conditions espérées par l'équipage : « Aux éliminatoires, on avait fait deuxièmes en série contre les Allemands qui ont été champions olympiques, relate Noël Vandernotte. Et en repêchage on a gagné contre les USA. Mais en finale on a tiré l'un des plus mauvais numéros. Il y avait une tempête avec un vent de travers extérieur qui venait en plein sur la partie dégagée du bassin. Il tombait des cordes et il faisait un froid de canard ».
« De l'huile sur les jambes »
« On m'avait passé de l'huile sur les jambes. Mes oncles ne voulaient pas que je mette mon survêtement parce qu'une fois mouillé ça prenait du poids. On a réussi à arracher la troisième place bord à bord avec deux équipes. On a été largement battus par l'Allemagne et la Suisse, sans réussir à faire notre course habituelle », regrette encore le jeune barreur de l'époque.
Il remportera une seconde médaille de bronze, moins attendue, en 2 barré avec Marceau Fourcade et Georges Tapie.
OJLT
(*) CNOSF : Comité national olympique et sportif français