Spécial été 2008 !
La saison 2008-2009 du FC Nantes
Le Zénith de Nantes
Les Escales
Les Celtiques de Guérande
Gheel, la ville des fous
Vos photos de La Baule
Co-location



Ce dernier coup a échoué car des employés plutôt coriaces ont tenu tête aux deux braqueurs jugés aujourd'hui. À commencer par le chef du magasin. Un homme grand, sec, blessé à la tête mais que ni les armes, ni le profil armoire à glace des voleurs, ni leur violence, n'ont dissuadé de riposter. « Je me suis jeté sur le petit pour le désarmer et je lui ai enlevé sa cagoule. » Il l'a ensuite poursuivi, armé d'une bouteille de champagne. « C'est vrai, je ne les ai pas pris au sérieux. »
À l'étage, l'autre braqueur tente de s'emparer du magot, mais là aussi, se heurte à la résistance du patron qui a eu le temps d'alerter les gendarmes. Il se paye même le luxe de repousser l'arme du voleur : « Je lui ai dit que c'était terminé. » « Et voilà, les gendarmes sont arrivés, les cambrioleurs étaient déjà partis. » La vie continue. « On se dit après qu'on a peut-être pris des risques », poursuit l'ancien patron. « Mais il faut avancer. Quand on a connu plusieurs braquages, on s'endurcit », dit une autre victime, le propriétaire du Shopi.
« Je vis dans la peur »
Mais pour d'autres, la vie a changé de couleur. L'employée du Shopi ne s'en remet pas et vit toujours « dans la peur et l'angoisse ». D'une voix secouée de sanglots, elle parvient péniblement, cinq ans plus tard, à raconter ce qui s'est passé. « Je finissais de passer la serpillière quand j'ai vu deux hommes dans la réserve. » Un pistolet sur la tempe, elle a été conduite dans un bureau. Enfermée avec la patronne, elle a cru que son heure avait sonné. Les braqueurs, eux, sont repartis avec 17 000 €.
S'agit-il des deux hommes, assis dans le box des accusés ? Belkacem Rahmouni, 40 ans et Mabrouk Khodri, 29 ans, tous deux natifs de la région Rhône-Alpes, le contestent en bloc. Ils reconnaissent seulement le braquage avorté de l'Intermarché. Un aveu tardif pour Mabrouk, intervenu hier après-midi après cinq ans de dénégations.
« Je vais être clair et prendre mes responsabilités, a expliqué Mabrouk. C'est ma seconde cour d'assises, faut arrêter. » Les deux hommes ont pris 13 et 15 ans à Blois, il y a deux mois et demi, pour neuf autres vols à main armée.
Marylise COURAUD.