Des éthylotests en expérimentation à Nantes
Plusieurs établissements de l'agglomération nantaise participent, en partenariat avec la préfecture, à l'expérimentation des éthylotests électroniques. : Photo Arnaud Jaffré
Un décret, transmis hier au Conseil d'État, devrait rendre obligatoires les éthylotests électroniques dans les débits de boisson ouvrant jusqu'à 2 h du matin. Plusieurs établissements de l'agglomération nantaise participent, depuis l'an dernier, à une expérimentation lancée dans l'Ouest. Deux d'entre eux nous livrent leurs impressions.
Ces grosses boîtes ressemblant à des distributeurs de préservatifs ont fait leur apparition dans des établissements de nuit, il y a sept mois. Les éthylotests électroniques permettent aux conducteurs de mesurer gratuitement leur taux d'alcoolémie avant de repartir.
«On ne peut pas les empêcher de prendre le volant»
Installés, à titre expérimental, dans plusieurs bars et discothèques de Nantes ces appareils ne rencontrent pas un immense succès. Au LC-Club, discothèque de l'Île de Nantes, le personnel incite les conducteurs à souffler dans le bec de la machine avant de reprendre la route. Si le test est positif, « on ne peut pas les empêcher de reprendre le volant, mais on leur propose d'appeler un taxi ou de rentrer en bus. Et s'il n'y a pas de taxi, on les ramène » explique Philippe Clément, le maître des lieux.
Une mesure «pas accompagnée des moyens»
Au K. fé'in, bar de nuit du centre-ville nantais, on essaye aussi d'inciter les conducteurs à souffler. « Tout ce qui permet de protéger les clients est bon à prendre » assure le patron, Olivier Barbarat, tout en regrettant que cette mesure « ne soit pas accompagnée des moyens nécessaires. On ne peut pas payer quelqu'un à plein-temps pour expliquer comment ça marche. Et puis, il faut 15 secondes pour faire le test. Alors c'est compliqué quand vous avez 200 personnes qui sortent en même temps à la fermeture ».
Un bilan mitigé donc, mais encourageant si l'on se fie à cette note d'espoir lâchée par Philippe Clément: « Il faut changer les mentalités. Ca peut y contribuer... ».
Presse-Océan