Spécial été 2008 !
La saison 2008-2009 du FC Nantes
Le Zénith de Nantes
Les Escales
Les Celtiques de Guérande
Gheel, la ville des fous
Vos photos de La Baule
Co-location



Le va-et-vient des marées a transporté la pollution en amont et en aval de Donges et sur les deux rives de la Loire. : Photo Arnaud JaffréInformation trop tardive
Au lendemain de la pollution, Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Écologie, évoque un regrettable « retard à l'allumage » dans le déclenchement de l'alerte. « La réaction de Total a été lente, nos services ont été prévenus tardivement ». Dans un premier temps chacun se renvoie la balle : Total assure avoir averti la préfecture à temps. Celle-ci soutient que la gravité de l'incident n'a été portée à sa connaissance qu'avec plusieurs heures de retard.
Mauvaise évaluation
Voici la chronologie. La fuite intervient vers 11 h le dimanche. Total ne s'en aperçoit que vers 16 h. L'alerte « interne » est donnée. Total prévient la préfecture à 18 h. Mais ce coup de fil puis ceux de 20 h et 22 h font état d'un incident limité et maîtrisé. Vers 1 h du matin, gendarmes et pompiers informent la préfecture de la présence d'hydrocarbures en Loire.
L'incident est plus grave qu'annoncé par Total. En pleine nuit impossible d'intervenir. Ce n'est qu'à 8 h le lundi que la cellule de crise peut déclencher les opérations. Pour sa défense, Total affirme qu'il ne s'était pas aperçu de l'ampleur de la pollution.
Chaque minute compte
Le lundi matin, donc 20 heures après la survenue de la fuite, des moyens importants antipollution sont mis en oeuvre mais la dispersion du fuel s'est déjà largement opérée. Avec le va-et-vient des marées, il s'échoue à la fois en aval et en amont de Donges et sur les deux rives de la Loire. Ces heures perdues aggravent la pollution. Il ne reste plus qu'à nettoyer.
Quantité sous estimée
Total annonce dans un premier temps que 400 tonnes se sont échappées de la canalisation dont 100 t en Loire. Quelques semaines plus tard le pétrolier revoit ses chiffres à la hausse : 500 t dont 180 t en Loire.
Défaut de surveillance
Au coeur d'une raffinerie ultra-surveillée, c'est un banal problème de corrosion qui est à l'origine de la pollution. Une canalisation d'eau qui goutte sur celle qui transporte le fuel et créé une fissure de 16 cm ! 8 % du débit normal du fuel s'échappe ainsi de la canalisation.
Pas de matériel de détection
Aucun système de détection d'anomalie (manomètre, caméra...) n'existe.
La canalisation endommagée, vieille de plusieurs décennies avait fait l'objet d'une inspection en 2004. Celle-ci était « interne », donc réalisée par Total lui-même. Elle n'était pas soumise aux contrôles d'autorités extérieures, type DRIRE (Direction de l'industrie et de l'environnement).
Nouveaux moyens
Début mai, l'État exige « des informations précises et un contrôle renforcé » des canalisations dans toutes les raffineries. Immédiatement Total annonce qu'il met en place des systèmes de surveillance par caméra et créé des zones de rétention sous ses canalisations.
D'autres canalisations corrodées
Au , les inspections approfondies font apparaître que trois autres canalisations de fuel sont attaquées par la corrosion...
Jean-Philippe Lucas