Ils n'ont pas encore le poids de ceux de l'OM ou du Barça. Mais les supporters nantais développent, au fil des mois, une certaine capacité à faire bouger les choses. Depuis le week-end dernier et la révélation par
Ouest-France des fortes augmentations (plus de 30 % en moyenne) appliquées aux tarifs d'abonnements pour la saison, ils ont trouvé, tout naturellement, un nouveau cheval de bataille. Et celui-ci réunit toutes les obédiences puisqu'il touche au porte-monnaie et pas seulement à l'image ou à la politique du club.
Sentant le mécontentement monter, le FC Nantes a donc organisé une réunion, mercredi soir à la Beaujoire, afin d'évoquer le sujet. Une vingtaine de groupes de supporters était représentée et, après avoir balayé un certain nombre de thèmes liés à la vie du club, la nouvelle grille de tarifs a été mise sur la table.
« Ça a été une longue réunion, de plus de deux heures, et le ton a été rude mais loyal, des deux côtés », expliquait Pascal Praud, en première ligne sur ce dossier.
« Ça a été parfois houleux, confirmait Romuald, représentant de la Brigade Loire.
On a essayé de nous expliquer que le club changeait de braquet, mais, pour nous, il met la charrue avant les boeufs. »Le 21 mai, date ultimatum
Les deux parties ont donc débattu vivement, chacun y allant de ses comparaisons avec d'autres clubs ou d'autres loisirs. Une discussion qui, si elle n'a pas remis en cause le projet, devrait déboucher sur
« un geste ». Pascal Praud l'a laissé entrevoir dès mercredi soir. Et hier, le directeur général, qui rappelait que
« si les prix des abonnements sont fixés, les formules ne le sont pas », préparait déjà, avec Waldemar Kita,
« des propositions attractives ».
« On a plusieurs idées, expliquait le président du FC Nantes.
Il faut qu'on trouve un juste milieu qui soit intelligent et agréable pour tout le monde. Mais, juridiquement, il faut trouver les bonnes formules. » Car il est évident que le FC Nantes, qui s'est fixé un objectif 17 000 abonnés, devra pouvoir maîtriser ses réajustements commerciaux s'il ne veut pas y perdre ce qu'il croyait pouvoir gagner initialement.
Le successeur de Luc Dayan ne devrait pas tarder à faire connaître son plan qui devrait inclure des parrainages, avec des ristournes importantes.
« D'ici la semaine prochaine, on devrait être en mesure de communiquer », a-t-il laissé entendre. Il sera alors dans les clous. Car les supporters, qui ne s'interdisent pas pour autant une distribution de tracts, par exemple, lundi soir, avant Nantes - Guingamp, parlent d'un
« ultimatum. Le 31 mai étant la date butoir avant les reconductions tacites, nous avons fait savoir que, si nous n'avions pas de retour significatif avant le 21, nous mènerions une campagne forte. » Instruit de l'expérience Dassault, chahuté jusque dans son fief politique de Corbeil-Essonnes ou l'AG de son groupe, Waldemar Kita a semble-t-il entendu le message, même si le ton de ce jeu de rôles n'est pas forcément à son goût.
Dans le monde du football, la paix sociale ne se négocie pas qu'avec les syndicats...
P.-Y. A.
++ Et vous, qu'en pensez-vous ? Donnez votre avis !• Un petit air de guinguette. On entendra à nouveau chanter « Allez allez, les Canaris, ce sont les rois de la prairie... », l'année prochaine. Les supporters nantais, qui ont manifesté cette volonté, ont été entendus par Pascal Praud. En revanche, le DG délégué leur a opposé une fin de non-recevoir quant à une consultation sur le recrutement. Faut quand même pas pousser...