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Jean Cosmat ne court plus guère après les honneurs qu'il n'a pas même connus à Berlin, faute d'être monté sur le podium olympique malgré le gain d'une médaille de bronze... : Photo OJLTEn compagnie de ses camarades, aujourd'hui décédés, Fernand Vandernotte, Marcel Vandernotte et Marcel Chauvigné, avec lesquels s'étaient tissés des liens d'amitié et de respect, Jean Cosmat a dominé le 4 barré français jusqu'à ce que la Deuxième guerre mondiale interrompe l'évolution de son palmarès.
À près de 98 ans (il est né le 3 juillet 1910), Jean Cosmat est le doyen des médaillés olympiques. Champion de France à huit reprises de 1932 à 1936 sous les couleurs du CA Nantes, l'ancien rameur n'a pas la langue de bois.
« Nourris avec des choux »
« Aller aux Jeux olympiques, ce n'est pas donné à tout le monde. Même si, à Nantes, ça ne remuait pas les foules. Mais les Jeux, c'était affreux », regrette celui qui, un an plus tôt, lors des championnats d'Europe, là-même à Berlin, avait déjà pu goûter aux attentions apportées aux athlètes.
« L'équipe qui nous accompagnait, c'était des gens foutre. Ils se sont éclipsés dès qu'on est arrivés à Berlin et on ne les a revus qu'au départ, quinze jours plus tard. »
Au château de Köpenick, à 40 kilomètres du village olympique, les conditions d'hébergement sont restées dans la mémoire du rameur : « On était logés dans une porcherie et c'est le responsable de l'établissement qui nous a nourris avec des choux pendant quinze jours, matin, midi et soir. »
« On était inquiets »
Et ce ne sont pas les séances d'entraînement qui distrairont l'équipage nantais puisqu'il ne recevra son bateau que huit jours après son arrivée... sans la moindre explication sur ce retard.
« Chez nous, c'était morose. On était inquiets. On était sur le bassin à regarder les autres s'entraîner. Et ce n'est pas la nourriture qui pouvait nous réconforter car on savait ce que c'était d'avance », ironise le médaillé de bronze.
La compétition viendra conforter en partie les appréhensions de Jean Cosmat. « On a eu affaire à l'équipe allemande qui était préparée spécialement. Ils étaient enrégimentés depuis un an et ils devaient avoir un petit peu de surcarburant, subodore le Nantais. Quant à l'équipe suisse, c'était des amateurs marrons employés au club. Nous, on s'entraînait le soir de 18 à 20 h. On ne pouvait pas faire mieux ».
Absents du podium
L'épisode de la remise des médailles viendra confirmer le dilettantisme avec lequel les rameurs furent traités : « À l'époque, les médailles étaient remises au stade, et comme on n'a vu personne, on n'a pas été prévenus. Le drapeau est monté, mais il n'y avait personne en bas. C'est frustrant de ne pas avoir reçu les médailles sur le podium. C'est un spectateur, un amateur d'aviron, qui les a récupérées au stade et on nous les a données le lendemain ».
OJLT