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François de Rugy (Verts). L'appui de tous les partis
Cette avancée, on la doit d'abord à la persévérance de parlementaires UMP, Marc Le Fur (Côtes-d'Armor) en tête, servis par l'actualité : « Bienvenue chez les Ch'tis, dit-il, ce n'est pas un phénomène cinématographique, c'est un phénomène sociologique. » On la doit ensuite à ceux, dont la ministre, qui considèrent les langues comme une « partie intégrante de l'identité » dans un pays qui compte 79 « langues de France », 10 millions de locuteurs, plus de 400 000 élèves, 9 000 enseignants de breton, basque, créole...
On la doit enfin à l'appui de tous les partis. Michel Hunault (Nouveau Centre) s'inquiète du « risque de disparition » de langues. Michel Vaxès (PC, Bouches-du-Rhône) note que « la question se pose à l'échelle européenne. » François de Rugy (Verts) observe que « l'on revient de loin, d'une politique d'éradication » et appelle à lutter contre « toute tentative d'uniformation, tout comme la France lutte contre l'hégémonie de l'anglais ». Pierre Méhaignerie, président (UMP) de la commission des Affaires culturelles, reconnaît « avoir mesuré la qualité des arguments ».
La loi, mais pas la Charte
Va pour la loi. Mais il y a un hic : « Si nous ne rectifions pas la Constitution, alerte Marylise Lebranchu (PS), n'importe quelle loi risque d'être jetée à la poubelle. » La députée du Finistère, mais aussi la plupart des 25 orateurs, se souviennent que c'est l'article 2 de la Constitution qui avait déjà empêché la France de ratifier la Charte européenne en raison du statut exclusif du français. D'où l'idée socialiste, exprimée par Françoise Coupeau (Morbihan) et approuvée par Pierre Méhaignerie, de le réécrire ainsi : « La langue de la République est le français dans le respect des langues régionales qui font partie de notre patrimoine. » Cette modification pourrait être votée lors de la toute prochaine réforme.
Est-ce à dire que la France ratifiera la Charte ? Pas sûr, pour deux raisons : la loi offrirait assez de garanties. Surtout, la Charte impose, insiste Christine Albanel, des contraintes aussi onéreuses qu'inapplicables, ne serait-ce qu'en matière de traduction des textes officiels ou de plurilinguisme des fonctionnaires.
Malgré cette restriction, l'affaire est politiquement intéressante. La gauche était traditionnellement en pointe quand il s'agissait de défendre la Charte européenne ou la politique linguistique en Bretagne. Deux ans avant les régionales, la droite reprend l'offensive sur un terrain où on l'attendait moins.
Michel URVOY.