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Les boutades, c'est avant que la cloche de départ ne sonne. Pendant les épreuves, l'oeil aiguisé des juges (avec le président Gilles Perrière au premier plan) est aux aguets. Il ne faut pas non plus rêver. À ce niveau - que les cavaliers se rassurent - on ne se permet pas n'importe quoi. Hier, les cris d'admiration et vibrations de joie restaient la chasse gardée des spectateurs, dans les tribunes du stade baulois François-André.
Pour autant, les juges du CSIO ne sont pas les austères gardiens de points qu'on imagine. Une vanne lancée ici, un « yes » de joie pour un sans faute par là, dans le « plus confortable » bocal de France où ils sont confinés - ce sont eux qui le disent - on rencontre avant tout de vrais fondus du saut d'obstacles. La familière sonnerie de départ, les interruptions d'épreuves, le chrono, les notations... pour tous ces domaines, ce sont eux les boss.
Gilles Perrière, 15 ans d'expérience comme juge international de CSO, présidait cette année le jury de la Fédération équestre internationale (FEI) à La Baule, un choix du comité organisateur que ce Français a reçu comme un honneur : « C'est quand même le seul concours international officiel de France ! »
Ambiance concentrée
A l'intérieur de leur tour, avec vue imprenable sur le concours, ils sont cinq (lui, un juge étranger et trois assesseurs) à décider de tout. « À tour de rôle, on préside les épreuves. » Sur le plan de travail, un interrupteur électrique permet au « décideur » de déclencher la sonnerie de départ. « C'est notre seul moyen de communication avec le cavalier. »
L'épreuve lancée, ce même monsieur annonce les fautes d'obstacles à voix haute : « Faute au 6 B, quatre points ! ». L'attention est à son comble. Le speaker ne fait que répéter au micro. Un second juge note scrupuleusement fautes et temps sur un carton nominatif (gardé un an en cas de réclamation) tandis qu'un troisième vérifie le temps au chrono.
Juste à côté dans le bocal, l'équipe du chronométreur Longines et son matériel sophistiqué comptabilisent aussi le temps. Pour empêcher toute contestation, juges et chronométreurs, comparent leurs chronos après chaque épreuve.
Irrespect de l'arbitre
« C'est vrai qu'on peut nous comparer à des arbitres. D'ailleurs, la loi française pour la protection des arbitres s'applique à nous aussi en cas d'agression physique ou verbale », explique Gilles Perrière. Mais ces problèmes sont quand même moins fréquents qu'au football.
« Moi ce qui me plaît, c'est d'avoir conservé la relation que j'avais avec le cheval. » Car des raisons de santé ont forcé l'homme à renoncer de monter après 18 ans comme cavalier de haut niveau... Aujourd'hui formateur de juges, il ne regrette pas d'avoir franchi les échelons. « Je déplore simplement que La France ait fini seulement 5e de la Coupe des Nations vendredi. Comme disait mon prof : peut mieux faire ! »
Lucie Beaupérin
Lire en page 3
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