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Les Amis de la terre sont allés chez un importateur de bois pour exiger une meilleure traçabilité des produits. : Ouest-France16 h 30 hier. Sur le port de Nantes, une dizaine de militants des Amis de la Terre débarquent chez un importateur de bois. En cause, des bois débités provenant du Cameroun. Une partie a été achetée chez ABC, une autre chez SIM, deux sociétés d'exploitations forestières camerounaises dans le collimateur de l'association écologiste. Selon elle, ABC, n'a pas le moindre titre d'exploitation officiel.
Des coupes sans aucun titre
« C'est une action symbolique. Quelqu'un important du bois d'origine illégale ne risque rien actuellement », regrette Sylvain Angerand de l'association des Amis de la terre.
Pendant deux ans, cet ingénieur forestier a travaillé avec des militants camerounais des Amis de la terre pour mieux cerner les filières d'exploitation forestières illégales. Un véritable travail d'investigation.
« 200 000 ha de forêt disparaissent chaque année au Cameroun. Beaucoup de coupes se font sans aucun titre, souvent au su et au vu de tous », bastonne Sylvain Angerand. Des bois comme le sapelli, le doussié, le moabi, le wengé ou l'iroko sont particulièrement prisés et les populations locales sont spoliées : « On donne 7 € pour un seul arbre, mais on réalise des coupes larges. Les locaux n'ont aucune conscience de la valeur du bois. Les fonctionnaires se font acheter pour laisser faire le pillage », assure l'écologiste.
L'Union européenne a entamé des négociations avec le Cameroun sur le sujet. Les Amis de la terre ne voient guère qu'une seule solution. « Il faut instituer un délit de recel de bois d'origine illégal et renforcer la traçabilité. »
Une telle disposition ne faciliterait pas la vie des importateurs. « Les bois que nous vendons disposent de tous les papiers nécessaires. Comment voulez-vous que nous allions vérifier tout ce qui se passe sur place ? Il y a des douaniers au Cameroun. À eux de vérifier », dit l'un des représentants de la société nantaise incriminée.
Preuve de sa bonne volonté, l'entreprise est engagée dans un processus de certification. Ce qui ne saurait tout régler. « Encore faut-il disposer de bois certifiés en quantité, car l'offre est restreinte. » Il faut aussi compter avec l'augmentation des prix. « Un bois certifié c'est 30 % de plus et, avec la récession et la morosité ambiante, les acheteurs sont moins regardants sur la certification », constate l'importateur.
Thierry BALLU.