













En marge des agitations en coulisses, le FC Nantes poursuit son championnat. Ce soir à Bordeaux, Claudiu Keserü aura, tout comme ses coéquipiers de l'attaque, un rôle primordial en matière de replacement une fois le ballon perdu. Michel Der Zakarian a énormément insisté sur ce point auprès du Roumain hier matin. : Franck DubrayLe FCN a déjà choisi Alain Perrin pour lui succéder.
Des questions, toujours des questions. L'avenir du FC Nantes se dessine en points d'interrogations. La seule qui importe tient en un mot : quand ? Oui, quand le duo Der Zakarian - Gentili va-t-il être débarqué par la nouvelle équipe dirigeante ? Au lendemain du déplacement à Bordeaux en cas d'échec ou à l'issue de la visite du Mans dans une semaine si on s'en tient au discours de Christian Larièpe - « On fera un bilan après quatre matches » - et de l'opportunité offerte par la mini-trêve internationale ?
Michel Der Zakarian sait que la fin est proche. Contrairement à l'un de ses prédécesseurs, Serge Le Dizet, il ne l'appelle pas de ses voeux. En revanche, lui aussi se veut touché moralement, fatigué. MDZ aurait pu prendre la fuite à l'intersaison. Plutôt que l'éloignement et un nouveau challenge en Ligue 2, il a donc préféré vivre dans la peau d'un sursitaire. Faute de palmarès, de charisme ou de réseaux, la victoire était alors son antidote.
Le successeur de Georges Eo aurait pu trouver du soutien auprès de ses joueurs mais le vestiaire s'est bien vite aperçu que la cuirasse du chef était sérieusement ébranlée. Il ne savonne pas la planche, non il attend la sanction, espérant secrètement un nouveau discours qui ne repose pas uniquement sur la combativité. La phrase de Ricardo Faty en préambule du déplacement à Bordeaux sonne comme une évidence : « On manque de spontanéité, d'envie, d'allant, de folie, pour déséquilibrer une équipe et gagner un match. Notre jeu est trop stéréotypé. On évolue sur un faux rythme ».
Le vestiaire reproche également à son coach de ne pas avoir choisi de mourir avec ses idées face à Monaco et d'avoir abandonné bien vite quelques anciens de la montée. L'altercation Babovic - Abdoun n'a pas contribué à améliorer les bonnes moeurs. L'absence de sanction digne de ce nom encore moins. Dans l'affaire, l'un des protagonistes (Abdoun) a mangé pendant plus d'une semaine avec une paille et l'autre (Babovic) avait déjà en poche son billet d'avion pour Belgrade quand ses dirigeants l'ont rattrapé par la manche à Roissy ! Durant sa glorieuse époque, le Bayern Munich avait hérité du surnom étincelant de « FC Hollywood ». À Nantes, ce serait plutôt « Santa Barbara ».
Contacté avant l'ouverture du championnat...
Le niveau de forme disparate des joueurs, le fait que l'équipe soit renouvelée à plus de 50 % ou que les erreurs du moment soient largement corrigibles pouvaient plaider pour l'indulgence. Seulement, Waldemar Kita et sa garde rapprochée doutent que l'homme soit à même de mener le chantier et de faire progresser des Espoirs qui n'ont d'ailleurs peut-être que le nom... La parole donnée - expression utilisée par Waldemar Kita pour justifier le maintien de son coach - perd en épaisseur quand on sait que le FCN a contacté Alain Perrin (51 ans) avant que ne débute la saison.
À l'époque, l'ancien entraîneur de l'Olympique Lyonnais aurait rejeté la proposition nantaise. Sûrement pas assez clinquant pour un technicien venant de mener l'OL au doublé coupe-championnat.
Depuis, il a fixé ses conditions. Celui qui a fait le bonheur de Troyes (1993-2002), n'a effectué qu'un bref passage à Marseille (2002 - janv 2004), joué les intérimaires aux Émirats-Arabes et à Portsmouth avant de renaître à Sochaux (victoire en coupe de France 2007) et de mener l'OL vers sa saison la plus prolifique, ne débarquera pas en pays inconnu à La Jonelière.
Sur la Canebière, il a fréquenté Christian Larièpe. Son fidèle adjoint - Christophe Galtier - a déjà travaillé pour sa part avec Georges Gacon (l'actuel préparateur physique) à Bastia et connaît bien Fabrice Grange (le préparateur physique). Rien à voir par conséquent avec la défiance du staff historique de l'OL (Joël Bats et Robert Duverne) dénoncée par Perrin au lendemain de son limogeage. Le scénario est écrit. Il ne reste plus qu'aux acteurs à rentrer en scène.
Christophe DELACROIX.