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Jérôme, comment vous sentez-vous au lendemain de cette blessure ?
J'ai passé une sale nuit... C'est un peu stressant et confus. Je me souviens d'un arrêt assez facile sur un coup franc, un peu au ras du poteau. Mon pied est parti puis le genou s'est planté par terre et le corps est passé par-dessus. Dans mon malheur, cela aurait pu être plus grave si le genou avait tourné. Je suis tombé dans les pommes en raison de la chaleur et de la douleur, et je me suis réveillé dans le vestiaire. J'ai déjà eu deux ou trois claquages dans ma carrière, mais je n'avais jamais ressenti cette sensation. La douleur est diffuse. C'est encore un peu frais. On va attendre encore quelques heures. Je dois faire le point avec le staff médical et je passerai une échographie dès mon retour à Nantes.
Comment envisagez-vous la suite de la préparation ?
Je ressens une douleur dans la cuisse intérieure gauche qui se prolonge jusqu'à la hanche. J'aimerais dire que dans dix jours je serai opérationnel, mais je n'en sais rien. Je ne suis pas mourant non plus, ce n'est pas comme si j'étais tombé du 5e étage.
Cette blessure ne semble pas anodine...
J'ai quand même fait deux malaises ! Sur le moment, tout vous traverse l'esprit. Tu te retrouves dans un nouveau club, tu joues ta place... La première chose qui m'est venue à l'esprit, c'est de ne pas pouvoir débuter le championnat. Je bosse comme un âne depuis le mois de janvier. C'est juste un sportif de haut niveau qui se blesse, mais j'espère que ce sera anecdotique.
Abordiez-vous ce tournoi dans les meilleures conditions ?
Pour moi, les matches amicaux n'existent pas. En arrivant à Casablanca, on s'est retrouvés dans les bouchons. J'estime qu'il m'a manqué une demi-heure dans ma préparation. Un quart d'heure avec Dag (Philippe Daguillon, le kiné N.D.L.R.) et un quart d'heure d'échauffement. On aurait pu nous prévenir qu'il fallait partir plus tôt. Dans le haut niveau, il n'y a pas de magie. J'en veux un peu à l'organisation du tournoi. On en est tous victimes. Aujourd'hui, on se retrouve avec six joueurs en moins. À Albertville, on n'a pas eu de blessé. Si tu invites le Milan AC et qu'il arrive au stade 45 minutes avant le match, je ne suis pas sûr que Paolo Maldini soit très enjoué.
Le moral est-il atteint ?
Je vais avoir deux séances de soins quotidiens. On croise les doigts. J'ai un gros moral par rapport à hier. Je suis chaud comme la braise et encore plus remonté. J'ai souvent très bien rebondi après un pépin. Le 9 août arrive vite.
Cette blessure n'intervient-elle pas au plus mauvais moment, alors que Michel Der Zakarian devait annoncer la hiérarchie des gardiens ?
Je ne le savais pas. Dans ma logique, s'il l'avait annoncé une semaine avant le début du championnat, ça ne m'aurait pas posé de problème. Si son numéro 1, c'était moi, ça remet tout en cause. Égoïstement, j'ai pensé à la compétition. Cela fait trois ans que j'attends ça : me battre pour rejouer en Ligue 1, et voilà qu'une action de m... peut mettre en l'air quatre semaines de préparation. En tout cas, avec Tony, ça se passe bien. D'une poignée de mains, tu sens la sincérité. Je me sens beaucoup plus impliqué ici que je ne l'étais au PSG. Avec Micka (Landreau N.D.L.R.), je savais que c'était à géométrie non variable, contrairement à la période avec Letizi. Ici, je me sens écouté, important, je redeviens quelqu'un. Il y a tout pour être heureux. Mais le secret, ce n'est pas d'être heureux en juillet...
Recueilli par L. F.