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Me Gilles Antonowicz, avocat de Chantal Sébire et vice-président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité, s'est saisi du dossier d'une septuagénaire domiciliée en Loire-Atlantique, atteinte de la maladie de Charcot, qui demande « à mourir dans la dignité ». Hélène A.* a 73 ans, vit en bord de mer dans une paisible bourgade d'environ 3 000 habitants, avec son mari âgé de 75 ans. Elle souffre depuis trois ans d'une sclérose latérale amyotrophique, dite maladie de Charcot. Cette maladie incurable, qui conduit à la paralysie complète de la personne, la cloue désormais dans un fauteuil roulant. « J'ai les bras déjà un peu atteints », confie t-elle.
Ancienne infirmière de profession
A l'instar du combat de Chantal Sébire, Hélène A. revendique « le droit de mourir dignement ». Pas maintenant, bien sûr, mais lorsque « la maladie fera que le handicap et les souffrances seront trop lourds à porter ». « J'ai exercé la profession d'infirmière de bloc opératoire, dit-elle. Je connais exactement la maladie dont je souffre. Je connais aussi les soins palliatifs. Ils ne résoudront rien à ma douleur. Je demande donc simplement à avoir un produit que je peux avaler afin de mettre un point final à ma vie le jour où la douleur et le handicap seront supérieurs à ce que je peux supporter ».
« La loi Leonetti est incomplète... »
Pour l'heure, la dame souhaite rester « anonyme » et se tenir éloignée de toute tempête médiatique. Elle a contacté Me Gilles Antonowicz, avocat de Chantal Sébire et vice-président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité, pour lui demander conseil (lire par ailleurs). « Je ne vois pas pourquoi on devrait gagner la Suisse ou la Belgique pour mettre fin à ses souffrances, poursuit Hélène. La loi Leonetti (N.D.L.R : loi relative aux droits des malades en fin de vie, votée en avril 2005, à la suite de l'affaire Vincent Humbert) doit être modifiée. En l'état, elle est incomplète et inapplicable dans de nombreux cas ».
« Avoir le choix »
Pas question de verser dans le prosélytisme. « Moi, je ne veux pas vivre bloquée dans un lit, sans être capable de me laver, de me nourrir, de faire mes besoins mais je respecte parfaitement les gens qui veulent aller au bout de leur dernier souffle. Je demande qu'on ait le choix, sachant évidemment que le dossier médical des malades désirant mettre fin à leur vie aura été validé par deux ou trois médecins... Il n'y a pas d'inquiétude à avoir : du fait du contrôle médical, les médecins n'auront pas à faire face à une armée de gens désirant se suicider ».
Yan Gauchard
*Le prénom a été changé et le nom de famille masqué pour garantir l'anonymat.