38 médecins de garde se regroupent en Presqu'île
Le Dr Daniel Gabli, secrétaire de l'association ; Dr Gilles Reignier, vice-président ; Dr Régis Laloé, trésorier ; Dr Jean Rigaudeau, président de l'association et Daniel Dumortier, directeur de l'hôpital local intercommunal à Guérande.
Finies les gardes locales, place au regroupement. Au 1er avril, les généralistes de la Presqu'île ouvrent une permanence de soins à l'hôpital de Guérande.
Quel est le médecin de garde ce week-end ? Cette question n'aura plus cours en Presqu'île. Dès le 1er avril prochain, il faudra composer le 15. À la place de ce service rendu à domicile par un médecin de garde, une permanence ouvre dans l'hôpital intercommunal de Guérande.
« C'est une alternative à la désertification de la garde des médecins, un service basé sur le volontariat. » Jean Rigaudeau, président de l'association des médecins généralistes du Pays Blanc, explique la nécessité de ce changement. « La moyenne d'âge des 60 médecins généralistes de la Presqu'île est de 52 ans. Les médecins volontaires pour ce travail de nuit se raréfient. Dans certaines communes, comme au Croisic, on n'en trouve plus. »
Mutualiser les gardes
Cette volonté des autorités des services de santé et de l'État de réorganiser les services de garde se généralise. Douze maisons médicales sont prévues à court terme en Loire-Atlantique. La nouvelle permanence de soins, située à l'hôpital de Guérande, concerne les communes de Pornichet, Saint-André-des-Eaux, La Baule, Le Pouliguen, Batz-sur-Mer, Le Croisic, Guérande, La Turballe, Piriac-sur-Mer, Mesquer/Quimiac et Saint-Molf, soit environ 130 000 habitants permanents, et 240 000 en période estivale.
Ce lieu de soins, ouvert en dehors des heures d'ouvertures des cabinets, permetde travailler « en l'absence de déplacements du praticien, dans de bonnes conditions, avec un équipement complet, explique le Dr Jean Rigaudeau. En outre, le regroupement des 38 généralistes volontaires permet de mutualiser et de réduire le nombre de gardes par médecin. »
Le patient devrait également y trouver quelques avantages, même si le généraliste ne se déplace plus à domicile. « La maison médicale offrira une qualité d'accueil et de soins et également plus de disponibilité. » Le temps maximal de déplacement pour qu'un Presqu'îlien accède à ce service est d'environ quinze minutes (hors saison).
« On va vers la fin des visites à domicile, reconnaît le responsable. D'ailleurs, sauf justificatifs, les déplacements n'étaient plus remboursés. Pour des problèmes de temps et de rentabilité, il est plus facile de déplacer un patient qu'un médecin. »
Accès régulé par le Centre 15
Cette maison médicale a pour vocation, entre autres, de désengorger les services des urgences de l'hôpital de Saint-Nazaire. « Nous ne traitons que les urgences simples de médecine générale », explique ce docteur. Il n'y a pas de concurrence avec le Samu ou SOS médecins puisque l'accès à nos services est régulé par le Centre 15. »
A la maison médicale, située à l'hôpital intercommunal, dès le 1er avril, un médecin sera présent tous les soirs, de 20 h à 22 h 30 ; les samedis, de 16 h à 22 h et les dimanches et fériés, de 9 h à 13 h et de 16 h à 22 h. Les gardes seront doublées en période estivale.
Le coût d'installation de cette maison médicale est de 20 000 €, plus 25 000 € pour son fonctionnement à l'année. Une dépense limitée car en dehors des horaires d'ouverture, ces locaux serviront à la médecine du travail, au service d'alcoologie et de psychiatrie. Rentabilité oblige.
Michel GODIN.
Ouest-France