FC Nantes : De Freitas refait surface
David De Freitas, ici face à Libourne, le 29 février dernier. Une rencontre que le milieu a terminée « avec un seul poumon », avant de filer aux urgences... : Photo Pierre Minier/Ouest Médias
Un mois après sa grave blessure contractée face à Libourne, le Nantais est de nouveau sur pied depuis le début de la semaine. Optimiste et réaliste, il raconte cette première longue période de convalescence de sa carrière.
Pendant deux à trois semaines, le quotidien de David De Freitas n'avait rien de bien palpitant. « Grasse mat'jusqu'à 11 heures, manger, puis sieste, on regarde la télévision et on retourne se coucher », résume l'intéressé. « À un moment, ça devient long. Même si j'étais en famille, c'était difficile. Je devais rester allongé car il fallait évacuer de l'eau qui était descendue dans mes poumons. Je ne pouvais pas porter mes enfants car il fallait éviter les efforts. » Et le joueur d'ajouter, ému : « Il y a pire que moi. Quand on voit ce qui est arrivé à Thierry Gilardi, il y a des choses vraiment plus graves. Moi, je sais que je vais revenir, alors je prends sur moi. »
« Je n'ai fonctionné qu'avec un seul poumon »
David De Freitas est ainsi. Personne sensible sur ce qui se trame autour de lui, équipier solide dans le jeu. Lorsqu'il reçoit ce choc en début de match face à Libourne (2-2, le 29 février), il est toutefois resté à son poste, sans se poser de questions. Inconscience ? « Sur le coup, je sens que j'ai un peu mal mais pas une grosse douleur. C'est monté au fur et à mesure. À la fin, c'est devenu impossible, même au niveau de la respiration. » Le diagnostic est alors sans appel : pneumothorax avec décollement de la plèvre. Transfert aux urgences, opération, six semaines d'arrêt. « On m'a expliqué que je n'ai fonctionné qu'avec un seul poumon », sourit-il aujourd'hui.
À l'hôpital ou au téléphone, toute la Maison Jaune vient lui témoigner sa sympathie, « du président aux joueurs en passant par l'entraîneur et le staff médical », énumère l'ex Amiénois. « Ça fait vraiment plaisir. Dans d'autres clubs, le président ne m'aurait peut-être pas appelé. Ça prouve qu'ici on n'est pas lâché mais au contraire soutenu dans les moments difficiles. »
« Il devrait retrouver les terrains d'ici une quinzaine de jours »
Depuis le début de la semaine, c'est Philippe Daguillon qui le prend en charge. « Ça avance bien, expose le kiné du club. Il ne sent plus rien au thorax, ça a bien cicatrisé. Aujourd'hui (hier), c'était la fin de la première étape, avec 50 minutes de course. Maintenant, on va attaquer les efforts plus courts et plus intenses. Il devrait retrouver les terrains d'ici une quinzaine de jours. »
Contractant sa première grosse blessure de sa carrière, l'intéressé a, lui, surtout eu peur de manquer le restant de la saison. « C'était difficile à encaisser car on s'approche de la montée et je n'avais pas envie de rater ces moments-là qui sont vraiment importants. »
« Maintenant il est regonflé, il est de nouveau optimiste, assure Daguillon. Il sait qu'il va pouvoir s'entraîner et jouer. Moralement, ça va. Il a passé le plus dur. »
Charles Guyard
Presse-Océan