FC Nantes Thomas Dossevi : « S'il faut aller en CFA, pas de problème »
Hier matin à la Jonelière, Thomas Dossevi (à gauche) a pu regoûter aux joies des duels. Mais consigne lui était donnée de ne pas trop s'engager... : Photo Charles Guyard
L'international togolais, blessé depuis novembre, a repris hier l'entraînement balle au pied avec le groupe. Savourant un retour dans les délais fixés par le staff médical, l'attaquant reste conscient du chemin encore à parcourir pour regagner sa place.
Thomas Dossevi, comment vous sentez-vous après avoir tout juste repris l'entraînement avec le ballon ?
« Ça va. C'était une petite prise de contact. Je n'ai toujours pas le droit de trop forcer, de frapper, donc ça me démange un petit peu. Mais ça fait déjà bien plaisir de reprendre contact avec le ballon, avec le groupe même si ce n'est pas encore ça. Il faut que je sois patient et que les joueurs le soient aussi avec moi. Après, ça va revenir tout seul. J'ai déjà pu mettre un petit but ce matin (hier), ça fait plaisir ! »
Quelle était exactement votre blessure ?
« J'avais une désinsertion de l'adducteur droit, avec toutes les répercussions qu'il peut y avoir autour. L'autre adducteur a ainsi été également un peu touché et il y a eu un début de pubalgie avec inflammation. C'était une petite blessure qui s'est aggravée. Maintenant, il faut que je reprenne tout en douceur pour pouvoir être au maximum. Mais j'ai fait un gros travail foncier, donc j'espère revenir plus vite. »
C'est une blessure qui s'était déclarée lors de votre dernière sélection en équipe nationale togolaise, en novembre, c'est ça ?
« Disons que je n'avais ressenti aucune douleur en sélection. Je suis revenu, j'ai joué le match de Coupe de France contre Vertou durant lequel j'ai eu la chance de marquer (le doublé du match). Je ne sais pas si c'est dû à une différence de température ou à l'accumulation des rencontres, mais c'est à ce match-là, justement, que je me suis blessé. »
En apprenant votre blessure, Michel Der Zakarian avait mis en cause le fait que vous ayez joué les deux rencontres avec le Togo au Ghana dans le cadre du Tournoi des quatre Nations, alors que vous ne deviez, semble-t-il, en disputer qu'une seule...
« J'avais l'autorisation de jouer un match (perdu 2-0 face au Ghana) et j'ai joué 40 minutes avec la sélection pour le deuxième match, c'est tout. C'était face aux Emirats Arabes Unis, j'ai marqué et ça s'était bien passé (victoire des Eperviers 4-0). Maintenant, c'est aussi normal qu'un coach soit énervé sachant qu'un joueur est blessé. Ce sont des difficultés qui arrivent mais je ne regrette rien et il n'y a pas de problème avec Michel. »
Comment avez-vous vécu cette période en marge du groupe ?
« Et bien j'ai suivi les résultats. Je suis très content du parcours des garçons. Il y a beaucoup de critiques mais c'est la montée qu'on retiendra en fin de saison, si on y arrive, et pas les difficultés qu'on aura pu avoir dans le jeu. »
On doit ressentir une certaine frustration quand on voit son équipe en difficulté, comme cela a pu être le cas en janvier...
« Oui, c'est très frustrant, on a très envie de jouer. Moi je trépigne, j'ai envie d'être sur le terrain, de les accompagner. Après, le corps ne suit pas forcément la tête. »
Des tribunes, vous avez dû constater la bonne forme actuelle de l'attaque : comment appréhendez-vous votre retour ?
« Chaque joueur a ses qualités, moi j'en ai que d'autres n'ont pas. J'ai des références par rapport à ce que j'ai fait, j'ai une expérience. Ensuite, ce qui m'intéresse avant tout, c'est d'être dans une forme optimale. Et s'il faut passer par la réserve en CFA, et bien j'irai sans problème. Dès lors, une fois que les performances et la réussite seront là, je serai à même de pouvoir jouer et défendre ma place. »
Une place dans un secteur désormais soumis à forte concurrence, avec le retour de Mamadou Bagayoko, la réussite de Nicolas Goussé et celle de Filip Djordjevic...
« Oui, mais cela ne m'a jamais fait peur. On a un bon groupe, sain, donc à partir de là, c'est normal que les meilleurs jouent. C'est tout. »
Recueilli par Charles Guyard
Presse-Océan