FC Nantes : les promesses de l'Aube
Les Nantais semblent avoir retrouvé hier soir un peu de leur superbe, en se montrant plus conquérants en seconde mi-temps face aux Troyens. : Photo Thomas Bregardis/Ouest Médias
En fournissant sa prestation la plus « chatoyante » de ces six derniers mois, le FCN a quasi-définitivement assuré sa remontée en Ligue 1, hier à Troyes (0-2). Les points et la manière, enfin !
Le mieux n'est pas forcément l'ennemi du bien. Et hier soir, le FCN s'est sérieusement approché de la mention qu'elle espère décrocher en surplus de future promotion. Dynamisés par un Thomas Dossevi transfiguré, les Canaris ont enfin tenté d'ouvrir leur cage aux oiseaux, tenant tête à une formation troyenne qu'elle retrouvera, peut-être, sous d'autres cieux. Entendons-nous bien, on demeure encore loin des fastes d'antan, mais, après tant de mauvais alcools, le flacon a retrouvé un goût réellement conforme au cépage nantais.
De fait, personne ne put crier à la manipulation arbitrale, lorsque Bagayoko se décida à ouvrir le score (66e), en fructifiant une énième obole de l'inévitable Togolais. Qu'elle a semblé loin la triste mascarade de Gueugnon ! En ce stade de l'Aube, les Canaris ont délivré plus qu'une promesse de remontée. Ils ont esquissé l'idée qu'ils pourraient se débrouiller à l'étage supérieur qui aurait toujours dû être le leur.
Priorité au titre
D'ailleurs, plus personne ne s'amuse à compter les points qui les séparent de la L1. Puisqu'en voilà Troyes qui font quatorze sur Grenoble (4e). Infranchissable. « On y est déjà ! », s'amuse Faty, Michel Der Zakarian, à coups d'euphémismes, se rangeant derrière la même idée. « Maintenant, c'est le titre qui m'intéresse, lance l'entraîneur, dévoilant implicitement ses certitudes. On va attendre que Le Havre nous laisse l'opportunité de prendre cette première place ! » Loin d'être illusoire au regard de la production du soir.
Calés sur un 4-5-1 efficace, les Jaune et Vert ont dès les premières minutes, « posé leur jeu » (Guillon).
Mobiles, combinant proprement, ils ont habilement profité des espaces d'une équipe troyenne joueuse mais flageolante défensivement. Leur proie préférée. « Il faut être deux pour bien jouer, sourit « Der Zak ». C'est vrai que nous sommes meilleurs face à ce style d'équipes que contre celles de bas de tableau. »
Grande maîtrise
Bien que l'ESTAC eût très bien pu revenir au score, si Kebé ne s'était pas pris pour la copie conforme de Djibril Cissé (83e), l'ensemble du match fut ainsi parfaitement maîtrisé, mini-faiblesses de l'arrière-garde mises de côté.
« On a simplement prouvé qu'on savait jouer au ballon », résume Michel Der Zakarian, le second but, oeuvre de Djordjevic (90e+1), n'étant qu'une juste récompense des efforts accomplis. Franchement, ça fait du bien de les voir comme ça.
Demeure simplement une question : c'est quand le « grand » bonheur ?
Etienne Kiss
Presse-Océan