L'aéroport va gronder dans les urnes
Les prises de parole se sont succédé sur une remorque pour dénoncer le rôle des « grands pontifes », sous entendu les élus.
L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a fait, hier à Nantes, l'objet d'une rencontre à la préfecture. Les opposants en font, eux, un argument électoral.
Les tracteurs de Notre-Dame-des-Landes sont revenus stationner à Nantes. Accompagnés d'une centaine d'opposants au projet d'aéroport, qui ont fait le pied de grue pendant une rencontre (élus, représentants d'associations, chefs d'entreprises, syndicats...) organisée à la préfecture à la demande du ministre Jean-Louis Borloo. « Le grondement des urnes ». 14 h 30. Ambiance de meeting autour d'une estrade improvisée sur une remorque. Julien, agriculteur « résistant » de Notre-Dame-des-Landes, vilipende « les lobbies qui poussent les politiques à agir pour détruire l'environnement et notre agriculture ». La campagne des municipales débarque soudain au détour d'une phrase : « Ayrault-Fillon, droite-gauche, même combat pour l'aéroport... » D'autres voix se succèdent au micro pour appeler à la mobilisation si la déclaration d'utilité publique tombe. « Il faudra sanctionner les élus », lance une femme. Un militant d'association renchérit : « Nous allons exploiter la période électorale pour combattre le projet. Participez aux réunions publiques, interrogez vos candidats sur l'aéroport pour connaître leurs intentions... » Comme en écho, une pancarte met en garde contre « le grondement des urnes ». Des comités de soutien. 16 h 30. Les représentants de l'Acipa et de Solidarités écologie ont quitté prématurément la réunion, avec le sentiment de s'être déplacés pour rien. « Il n'y a aucune surprise, c'est une rencontre de pure forme. La présentation du projet a été faite de telle manière qu'il apparaît indispensable. Toutes les alternatives sont écartées... » commente Michel Tarin, de Solidarités écologie. « Rien n'est plié, il faut garder le moral. Les DUP (Déclarations d'utilité publique) de Plogoff et du Carnet n'ont pas eu de suite... » ajoute-t-il. Il annonce également à l'assistance, inquiète, le prochain lancement de « comités de soutien dans les grandes villes de l'Ouest ».Autre nouvelle de dernière minute : la députée européenne verte Marie-Hélène Aubert et le député Vert d'Orvault François de Rugy ont demandé une entrevue avec le ministre Borloo.« Nous n'avons rien appris ». 18 h 30. Claude Bord, président de l'association Bien Vivre à Vigneux, sort de la préfecture avec cette certitude : « Nous n'avons rien appris. On nous a sorti des chiffres que nous contestons depuis le début. Il y a eu peu d'informations sur le coût de l'opération... » Même sentiment mêlé de lassitude chez Louis Cercleron, maire de Notre-Dame-des-Landes, qui a bataillé pour faire inviter ses collègues de Treillières et de Grandchamp-des-Fontaines à la rencontre. « Je sors comme je suis rentré, nous n'avons toujours aucune garantie concernant la restitution de nos voiries... On ne sait toujours pas non plus qui paie quoi dans ce projet... » Jocelyne RAT.
Ouest-France