La Maison dans la Loire avait une grande soeur canadienne
Du Canada à Lavau, la maison dans l'eau a connu la même fin. (A gauche dans le Saint-Laurent, à droite en Loire).
La Maison flottante de Lavau, imaginée par Jean-Luc Courcoult dans le cadre d'Estuaire 2007, présente d'étonnantes similitudes avec l'oeuvre d'une artiste canadienne créée en 2002, en Nouvelle-Écosse. Plagiat ? Coïncidence, répond Courcoult.
Paulette Phillips ne connaissait pas l'existence de la « Maison dans la Loire », la maison flottante imaginée par Jean-Luc Courcoult dans le cadre de la biennale d'art contemporain, Estuaire 2007, qui s'est déroulée l'été dernier. Cette artiste canadienne, qui expose actuellement à Paris, a donc découvert avec intérêt la photo de l'oeuvre de Courcoult. Une oeuvre qui ressemble furieusement à celle qu'elle a créée en 2002, à l'embouchure du Saint-Laurent, au large de la Nouvelle-Ecosse.Baptisée « The Floating House », sa maison flottante avait été construite pour servir de sujet à un petit film 16 mm présenté par la suite dans différentes galeries d'art à travers le monde, et au centre culturel canadien de Paris jusqu'au 2 février. « The Floating House est une méditation sur l'oscillation entre le réel et le simulé, peut-on lire sur un site internet canadien spécialisé dans l'art actuel. Phillips crée un événement qui amène le spectateur à questionner les forces naturelles et culturelles qui interagissent et se répondent ». Réplique de l'ancienne auberge de Lavau, située sur le port, la maison flottante de Jean-Luc Courcoult s'inscrivait elle aussi dans un dialogue entre réalisme et imaginaire. « Réalisme parce qu'il s'agit d'une réalité concrète, tangible, palpable, absolue. Et imaginaire parce que le but, c'est d'introduire le rêve dans la vie des gens », avait à l'époque expliqué le fondateur de la compagnie Royal de Luxe.Comme une personne« Dans mon film, la maison ressent les choses comme une personne. Elle communie avec l'océan, qui finit par la submerger », explique Paulette Phillips. Comme la « Maison dans la Loire », la maison flottante canadienne, construite en bois, a effectivement fini par sombrer dans les eaux froides de l'Atlantique. Mais à la différence de sa petite soeur française, que l'on devrait revoir à l'occasion d'Estuaire 2009, elle n'a jamais été renflouée.Après avoir vu les photos, Paulette Phillips, qui a aussi réalisé des photos d'une champignonnière dans la vallée de la Loire, il y a 3 ans, a en tout cas trouvé « très intéressant ce qui s'est passé sur la Loire » cet été. « Ces deux oeuvres ont un peu le même sens. Dans mon travail, je m'interroge sur le rôle que joue le spectateur dans la construction du spectacle », conclut-elle.Ne reste plus à Jean Blaise qu'à organiser une rencontre Courcoult-Phillips en 2009, dans l'estuaire.Xavier Boussion et Dominique Bloyet Jean-Luc Courcoult : « Une coïncidence »En 2002, une artiste canadienne, Paulette Phillips a présenté sur le Saint-Laurent une installation, « The Floating House », qui ressemble étrangement à votre maison flottante de Lavau.Jean-Luc Courcoult - « Ah ! Ah ! Ah ! (rire). Ben, les idées se baladent, je sais pas… C’est comme ça… Elle l’a fait quand, cette maison ? »En 2002..« Ah ! Il y a longtemps ! Ah oui, d’accord. Je ne savais pas du tout ».Vous connaissiez son travail ?« Pas du tout, non. Absolument pas. Et puis, c’est pas mon genre de prendre les idées des autres. Jamais, jamais je ne prends une idée de quelqu’un d’autre ».C’est vraiment une…«… une coïncidence, voilà ».Ce qui est encore plus troublant, c’est que sa maison a connu la même destinée que la vôtre. Elle a fini par couler.« Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! (éclats de rire). Ça aussi, c’est le hasard ! Ah ! Ah ! Ah !… Mais la mienne doit revenir, normalement. En 2009. Enfin, en principe. On y travaille… »En tout cas, vous n’étiez pas au courant pour la maison flottante canadienne ?« Non, non, non, pas du tout. Je le répète. Et puis, encore une fois, moi, quand quelqu’un à une idée, je ne peux pas la prendre. Jamais. Voilà ».Recueilli par X.B.
Presse-Océan