Tennis : le Derby cadets de La Baule disparaît du calendrier
Gaël Monfils a été l'un des finalistes aujourd'hui en vue du Derby cadets de La Baule. C'était en 2002.
Le Derby cadets, plombé par le renoncement du partenaire principal, l'usure et un cap sportif incertain, ne connaîtra pas de 21e édition.
C'est un rendez-vous qui appartient désormais au passé. Après avoir fêté son 20e anniversaire en juin dernier, avec un certain faste et un budget musclé pour l'événement (211 000 €), le Derby cadets de La Baule ne connaîtra pas de 21e édition. L'association organisatrice de l'événement sur les courts du Country club baulois a voté à l'unanimité la disparition d'un tournoi qui s'était imposé, au fil des ans, comme un rendez-vous incontournable du calendrier mondial des 15-16 ans. La défection du sponsor principal de l'épreuve, BT (British Telecom), a précipité le sabordage d'une opération pourtant viable.
« Notre fierté, s'enorgueillit Hervé Louboutin, le président de l'association organisatrice, est de laisser des comptes nets. En 20 ans, le Derby cadets a nécessité un budget global de plus de 2 millions d'euros et on ne laisse pas de dettes. Et si BT n'avait pas mis fin à un partenariat de quatre ans, nous aurions prolongé l'aventure. »
Et ce en dépit d'une réflexion sur l'aspect purement sportif qui paraissaît condamner l'événement. « En 20 ans, on a eu tous les plus grands champions (Nadal, Djokovic, Nalbandian, Gasquet, Monfils, Davenport, Sharapova...), explique Hervé Louboutin. Mais ces dernières années, cela devenait de plus en plus difficile d'attirer les meilleurs 15-16 ans déjà engagés sur le circuit pro. Cette catégorie d'âge est battue en brèche. En témoigne la disparition du tournoi indoor de Marcq-en-Baroeul, après 20 ans lui-aussi. »
Pas de tournoi au rabais
Mais le président-organisateur le réaffirme : « si BT avait prolongé son partenariat, il y aurait eu une 21e édition, car les autres partenaires restaient fidèles, même s'ils réduisaient leur part d'année en année. » Le départ du président de British Telecom International, François Barrault, qui avait des attaches bauloises, a donc précipité la décision. « BT apportait 70 000 euros, soit un tiers du budget », justifie Hervé Louboutin, en détaillant la part des uns et des autres : « 20 000 € de la ville de La Baule, 17 000 € du département, 15 000 € de la Région, 13 000€ de la fédération de tennis, 16 000 € de Gaz de France et 21 000 € de la BNP-Paribas. Au total le partenariat privé se montait à 137 000 € en juin dernier, sans compter l'apport du Groupe Barrière et du Country. »
L'environnement financier guère favorable en ces temps de crise mondiale, le cap sportif difficile à tenir dans la catégorie d'âge de 15-16 ans ont donc précipité le sabordage d'un tournoi qui s'était hissé aux tout premiers rangs mondiaux. « Faut admettre aussi, confesse son président, l'association s'épuisait aussi un peu. 20 ans de bénévolat, de dévouement, de travail, ça use. Il faut le comprendre. »
En même temps qu'est donc consacrée l'enterrement de 1re classe du Derby cadets, la dissolution de l'association organisatrice est donc programmée. Avec comme épitaphe, ce propos d'Hervé Louboutin : « On ne pouvait repartir pour monter un tournoi de moindre qualité. »
Ouest-France