Logement social : la pression sur Pornichet
Le renouvellement du plan local d'urbanisme a permis au maire de Saint-Nazaire de tancer son collègue de Pornichet. Sur le thème de la répartition des HLM.
Le conseil d'agglomération de la région nazairienne examinait mardi soir le renouvellement de son programme local de l'habitat. Ce document, d'une durée de six ans, doit prendre en compte, entre autres, les évolutions de l'agglomération pour adapter les politiques d'attribution des logements locatifs sociaux et les efforts à engager pour requalifier les parcs existants, privés ou publics. Un effort pour l'habitat que personne ne conteste.
Christian Saulnier, vice-président et élu communiste de Saint-Nazaire, est le premier à souligner « la disparité des situations entre Pornichet et Saint-André-des-Eaux ». Les écarts de prix sont considérables entre deux communes pourtant voisines, rendant difficile l'accès des jeunes ménages aux logements. « Il faudrait 5 à 7 millions d'euros pour concrétiser notre plan. En tout cas, il faudra intervenir politiquement pour savoir de quels moyens nous disposons », poursuit Christian Saulnier.
David Samzun, vice-président et maire adjoint PS de Saint-Nazaire, reconnaît qu'avec 50 % des habitants de logements à loyer modéré qui touchent 1 050 € nets par mois, « les écarts de prix entre les différentes communes sont plus qu'inquiétantes ».
Sans logements, pas de développement économique
Le président de l'agglo, Joël Batteux confirme l'analyse : « Les écarts sont plus qu'alarmants au sein même de la Carene. Nous sommes à la veille d'une grave crise. Il nous faut proposer des logements en rapport avec les revenus des salariés dont les entreprises ont besoin pour poursuivre leur développement. Si nous n'y parvenons pas, la crise du logement viendra entraver le développement économique. » Et le maire de Saint-Nazaire de dévoiler le fond de sa pensée : « Aujourd'hui, la ville de Saint-Nazaire concentre l'ensemble des efforts pour le développement du logement social. »
Visé, le maire de Pornichet, Robert Belliot, sort de sa réserve : « C'est vrai qu'en arrivant à la mairie en mars dernier, nous avons découvert une situation déplorable. En 13 ans, la municipalité précédente a produit seulement 27 logements sociaux. Laissez-nous le temps de réagir. Nous avons parfaitement conscience de la difficulté. »
Et le maire de Pornichet sait qu'il n'a pas le choix de négliger le dossier : « Avec la construction de la nouvelle thalasso, le Château des Tourelles, ce sont 90 employés qu'il va falloir loger. »
Cyrille PITOIS.
Ouest-France