Nantes : pas de mise en examen pour le faucheur d'OGM de 15 ans
Hier matin, devant le palais de justice de Nantes, près de 200 manifestants sont venus manifester leur soutien à Henry, un jeune homme de 15 ans, qui avait foulé avec son père et d'autres faucheurs volontaires une parcelle d'OGM en Eure-et-Loire, au mois d'août dernier. : Serge d'Ingalan
Hier, un lycéen du vignoble était convoqué au palais de justice pour « destruction du bien d'autrui ». Il avait accompagné son père sur une action de fauchage volontaire en août dernier. Le juge ne l'a toutefois pas mis en examen.
Le juge a refusé de mettre en examen Henry ». Tonnerre d'applaudissements dans les rangs. Sur le parvis du palais de justice de Nantes, hier matin, l'annonce faite par Me Franck Boëzec, avocat d'un jeune faucheur d'OGM âgé de 15 ans, fait pousser un gros ouf de soulagement aux quelque 200 militants venus braver la pluie battante « par solidarité ». Le jeune homme du vignoble nantais est passé tout près de la mise en examen pour « destruction volontaire du bien d'autrui » et « refus de test ADN ». Il aurait été le premier mineur en France à faire l'objet de telles poursuites. Il ne sera finalement que « témoin assisté » dans cette affaire, en attendant que le parquet décide, ou non, de faire appel de cette décision.« Décalage entre les annonces politiques et la répression »L'assistance laisse éclater sa joie. « Non, mais ça aurait été vraiment n'importe quoi ! », pouvait-on entendre ici et là. La mise en examen aurait illustré « un décalage entre les annonces politiques et une répression très dure », selon le porte-parole de la coordination Bretagne des faucheurs volontaires, Jérémy Remaud. Vendredi dernier, à la lecture des conclusions du comité de préfiguration de la haute autorité sur les OGM et en application du principe de précaution, une procédure a été engagée pour suspendre la culture du maïs Mon 810 (le seul autorisé à la culture en France). Dans la foulée, Nicolas Sarkozy s'est engagé à suspendre la culture des OGM en raison de « doute sérieux ».Ce mardi, le collectif des faucheurs volontaires, qui lutte pour la culture d'OGM en milieu confiné, attendait donc de la justice « qu'elle se rende compte de la légitimité de ses actes ». « Le combat continue... »Étrangement, au milieu de toute cette bonne humeur, Henry, lui, n'apparaissait pas exactement soulagé à l'issue de son passage devant le juge pour enfants. « Je ne serai pas jugé, c'est bien... Mais je ne peux pas revendiquer mon acte », regrettait timidement le lycéen. « En effet, c'est un peu mitigé », poursuivait son père, Gérard, ancien apiculteur, « faucheur depuis 2003 » et fier de l'être. Il avait proposé à son fils, en août dernier, de venir avec lui fouler une parcelle de maïs transgénique à Poinville dans l'Eure-et-Loir. Aujourd'hui, il assure ne rien regretter. Et se dit toujours prêt à payer « le prix qu'il faut » pour continuer à « éveiller les consciences » : « Bien sûr, cette décision de la justice, c'est bien pour Henry. Mais quelque part, son acte n'est pas reconnu. De toute façon, cela ne va pas empêcher le combat de continuer... » Cinquante-huit faucheurs, qui étaient cités à comparaître pendant le Grenelle de l'environnement, ont vu leur procès reporté aux 8 et 9 avril prochains, à Chartres. D'autres, jugés à Orléans, attendent le délibéré le 26 février prochain. Anne-Hélène Dorison
Presse-Océan
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