On a volé la Joconde à Nantes
En pleine foire internationale de Nantes, la Joconde de Patrick Grey a été volée. Cette peinture, d'une valeur de 400 €, était intitulée « Monalizavatta ». Son propriétaire en est encore estomaqué
Ça ressemble à un gag mais ça n'en est pas un. La Joconde, version clown, une peinture originale du Nantais Patrick Grey, a bien été dérobée en pleine foire commerciale de Nantes au parc des expositions de la Beaujoire. Elle trônait, dans le cadre du salon des Amis de l'art, au beau milieu d'autres oeuvres d'artistes régionaux dont Serge Doceul ou notre ancien collègue Jean-Noël Thoinnet. Elle avait été mise en vente à 400 €. Une assurance devrait couvrir ce vol. Mais au-delà du préjudice, Patrick Grey, n'en revient toujours pas.
Deux toiles sur le cirque
« Sur le coup, j'ai vraiment cru à une blague », explique le peintre qui est avant tout directeur artistique du comité des fêtes et prépare, à ce titre le carnaval de dimanche prochain. « Cette année, j'exposais deux toiles sur le cirque, le thème de l'expo. L'une en hommage à Marcel Chicot, mon beau-père en clown, et l'autre, parodiant la Joconde, également en clown. Elle date de 2002 et avait été exposée à la Bastille à Paris. Je l'ai nommé « Monalizavatta » ».
Mais voilà, au matin du 9 avril, un oeil avisé remarque un « trou » entre les tableaux. « Il y avait comme un grand vide », poursuit Patrick Grey. « Bruno Cocquio, le président des Amis de l'art me téléphone connaissant mes habitudes à faire des plaisanteries ! Mais là, non, je n'avais fait aucune drôlerie de mauvais goût ».
« Où est partie ma Joconde ? »
Et ce n'est pas la première fois puisqu'un certain jour de 1911, la Joconde (de Léonard de Vinci) avait été subtilisée depuis le Louvre où elle était exposée. Les soupçons se portèrent même sur Guillaume Apollinaire et Pablo Picasso, alors que le responsable était un vitrier qui avait travaillé au Louvre.
Aujourd'hui, malgré sa stupéfaction (c'est la première fois que ce genre d'incident lui arrive), Patrick Grey prend ce vol avec le sourire. « V'la-t'y pas que la Joconde a été enlevée ! Où est partie ma Joconde ? », s'exclame t-il. « Au Louvre retrouver toutes les « fausses » Joconde ? Au Musée du cirque ? Au Lieu Unique ? » Et de conclure : « Ceci dit, se faire voler une toile est une sorte de récompense culturelle humoristique ».
En attendant, le ou les voleurs auront du mal à la remettre en vente sur le marché de l'art.
Stéphane Pajot
Presse-Océan