Plan alcool : les professionnels restent mitigés
Le nouvel arrêté devrait permettre l'ouverture des bars jusqu'à 2 h toute la semaine, avec possibilité de dérogation pour certains lieux. Photo : Archives / Franck Dubray.
Assez satisfaits du nouvel arrêté présenté par le préfet le 16 octobre dernier, patrons de barset restaurateurs regrettent cependant d'être systématiquement pointés du doigt.
Dans l'ensemble, la CPIH (Confédération des professionnels indépendants de l'hôtellerie), réunie hier à Nantes, estime le nouvel arrêté du Plan alcool satisfaisant. Présenté par la préfecture le 16 octobre dernier, il prévoit la fermeture à 2 h toute la semaine pour les bars et restaurants, avec possibilité de dérogation jusqu'à 4 h pour les soirées festives et les cafés-concert. Les discothèques, elles, pourront rester ouvertes jusqu'à 7 h, sur demande préalable à la préfecture.
Les professionnels de la restauration et de l'hôtellerie avaient obtenu, en juillet dernier, l'annulation du précédent arrêté préfectoral concernant le Plan alcool. « Une belle victoire », s'est réjoui Yvonick Briand, vice-président de la CPIH, qui rassemble 800 professionnels du département. Le nouvel arrêté est presque finalisé et devrait être publié prochainement. Mais patrons de bars et restaurateurs souhaiteraient plus de flexibilité.
Responsabiliser les parents
« On ne veut pas avoir à demander l'autorisation de travailler, estime Michel Ochard, secrétaire général de la CPIH. Nous souhaiterions ne pas être contraints à demander des dérogations. De plus, les horaires de fermeture de bars et restaurants sont toujours soumis à la volonté des maires ». Le 20 octobre dernier, le maire de Pornichet a ramené les heures de fermeture des débits de boisson de sa commune à minuit en semaine et une heure le week-end pour une période probatoire de deux mois. « La campagne de prévention est légitime en Loire-Atlantique, reconnaît Michel Ochard. Mais les bistrots ne représentent pas la majorité de la vente d'alcool aux jeunes. Pourquoi ne pas s'attaquer à la vente en magasin, ou pénaliser les parents ? En tant que patron de bar, la loi m'interdit de demander une pièce d'identité à mes clients, mais si je sers un mineur, ça peut aller jusqu'à plus de 3 000 euros d'amende. Il faut arrêter de légiférer et responsabiliser les parents, nous ne sommes pas responsables de tous les maux ».
« Pas assez entendus »
Les professionnels ont également évoqué le problème des normes de sécurité dans les hôtels. D'ici août 2011, les hôteliers devront investir afin de sécuriser leurs établissements, tandis que les particuliers tenant des chambres d'hôtes ne seront pas soumis à ces normes. « Notre profession est oubliée », estime François Effling, président de la CPIH. Les professionnels de la restauration et de l'hôtellerie s'estiment systématiquement pointés du doigt. « Nous sommes responsables du bruit, de l'alcoolémie, des fumeurs... il faut revaloriser la profession ».
Pauline LAVERTON.
Ouest-France