Policiers menacés à Nantes : trois gardes à vue
A 6 h, hier, 90 policiers ont fait irruption dans un quartier herblinois. Jeudi, neuf de leurs collègues avaient été pris au piège au même endroit.
Une affaire qui aurait pu mal tourner pour les policiers. Une affaire qui démarre comme une banale tentative de vol de scooter. C'était jeudi dernier, le 8 mai, dans le quartier herblinois de la Bernardière, en périphérie de Nantes.
Des équipages de la brigade anticriminalité sont sollicités pour faire échouer ce qui ressemble donc à un vol imminent de deux-roues. Les policiers prennent en chasse le suspect jusqu'à ce secteur qui regroupe des habitants issus de la communauté des gens du voyage. Et où le garçon, âgé de 15 ans, réside.
Arrivés au coeur de ce village constitué de maisons et de caravanes, les enquêteurs perdent la trace du voleur présumé, réfugié dans un chalet en bois. À ce moment-là, racontent-ils, ils sont mis en joue par un second protagoniste. Celui-ci ne baisse pas son arme malgré les appels répétés.
Camion fonceur
Minutes d'intenses tensions où les fonctionnaires sortent aussi leur arme. Sans perdre leur sang-froid, souligne une source proche de l'enquête. Finalement, c'est une femme, une voisine, qui parvient à faire entendre raison à l'homme, âgé de 38 ans. Encerclés, insultés, disent-ils, les policiers sont contraints de prendre la tangente.
Las... Dans l'allée centrale, un autre agresseur, la quarantaine, entre dans le tableau au volant d'un camion plateau. Nouvelle frayeur pour les policiers, contraints de se jeter au sol pour lui échapper, témoigneront-ils par la suite.
Ils sont revenus hier, à 6 h du matin. Et à quatre-vingt-dix fonctionnaires, parmi lesquels des CRS et le GIPN (groupe d'intervention de la police nationale) de Rennes. Quatre hommes sont repartis menottes aux poignets vers les geôles de gardes à vue. Les trois suspects mis en cause jeudi, plus un autre homme recherché pour d'autres affaires.
Une vingtaine de fusils de chasse ont également été retrouvés. Reste à savoir s'ils étaient, ou non, détenus légalement. Chacun sera déféré ce matin au parquet de Nantes. Les policiers menacés ont déposé plainte. Leurs agresseurs présumés, disent les enquêteurs, ne nient pas les faits. Mais en donne une autre version.
Par ailleurs, une enquête a été ouverte sur les conditions dans lesquelles les chalets implantés dans le village ont été construits.
Agnès CLERMONT.
Ouest-France