À Plessé, « Joël le rebelle » est revenu derrière le zinc
« Joël le rebelle » a repris sa place derrière le zinc de « L'Escale ».
Joël Laillier a rouvert son bar-tabac « L'Escale » au Dresny (Plessé). Mais il poursuit son combat pour le droit de fumer dans les établissements.
Ce n'est pas parce que j'ai été reçu par Nicolas Sarkozy que je vais arrêter mon action ! » Campé derrière le zinc de « L'Escale », Joël Laillier n'a rien perdu de sa combativité. Après 25 jours de grève de la faim, il avait recommencé à s'alimenter le 7 février, après sa visite à l'Élysée. « Ça va de mieux en mieux et il n'y aura aucune séquelle ». Depuis « L'Escale », Joël Laillier, « le rebelle » pour les intimes, traite un courrier de ministre entre deux tournées servies aux clients : avec une dizaine de sympathisants, il vient de créer l'association Liberté de choisir qui « prône la liberté de choix des établissements d'être fumeurs ou non ». « Nous voulions l'appeler « Joël le rebelle », mais c'était trop personnel. Nous voulons être rejoints par les patrons de bars, de bars-tabacs, de discothèques et de bars à narguilé, pour intervenir dans les négociations avec le gouvernement ».
Récupérer le chiffre d'affaires perdu
En conséquence, Joël et ses amis envoient des courriers aux quatre coins de la France pour recueillir des adhésions. En tout cas, les clients ne manquent pas et « L'Escale » devrait récupérer assez vite le chiffre d'affaire perdu pendant la fermeture : « Dimanche dernier, c'était la cohue » sourit le patron. « Tout le monde était d'accord avec Joël. Et ça a fait connaître Le Dresny, un petit bourg qui marche bien » estime un client accoudé au zinc.
À la supérette mitoyenne de « L'Escale », Joëlle, la patronne récemment installée, n'en est pas revenue de cette notoriété soudaine : « Quand j'ai repris le commerce, on m'avait dit : tu verras, Le Dresny c'est tranquille... ». Mais quand les journalistes et les manifestations de soutien ont déferlé, Joëlle a trouvé l'endroit franchement agité !
La fragilité du petit commerce
« Dans l'ensemble, la population comprenait que Joël Laillier se battait pour le petit commerce. Mais les personnes âgées étaient moins d'accord. Toute cette agitation les dérangeait » poursuit Joëlle. Aujourd'hui, le bourg a retrouvé sa sérénité. Les affaires ont repris et au bout du compte, il était temps : « Quand le bar-tabac de Joël était fermé, il n'y avait plus de timbres poste, plus de cigarettes. Impossible de prendre un verre. Les clients ont alors commencé à faire les courses à Plessé ou à Guémené-Penfao. C'était inquiétant. Vous savez, il suffit de pas grand-chose pour déstabiliser un petit commerce... ».
J.-P. Bouzigues
Presse-Océan